• Acquisition ou alliance : quelle démarche soutiendra le mieux ma croissance externe ?

Pour tout entrepreneur qui souhaite développer son activité rapidement et améliorer sa performance en vue de soutenir sa croissance externe, il peut être pertinent de sceller une alliance avec d’autres partenaires. Il est vrai que l’acquisition peut constituer l’une des opportunités stratégiques qui soutiennent la croissance d’une entreprise. Mais, étant une démarche moins coûteuse et moins rigide, l’alliance peut s’avérer une meilleure option qui permettra de bénéficier de nombreux avantages en soutenant l’objectif principal de développement.

Cette forme de coopération stratégique met en commun les ressources immatérielles, matérielles et financières des entreprises ayant des activités concurrentes et choisissant de s’associer en vue de garantir le succès d’un projet. Avant donc de vous lancer dans cette aventure, il serait pertinent de poser les bonnes questions pour structurer votre démarche et mettre en place toutes les conditions de réussite de vos alliances stratégiques.

Penser à l’acquisition oui, mais pas à n’importe quel prix !

Opter pour une opération de croissance externe par acquisition, peut être une bonne opportunité pour soutenir le développement de votre société. En effet, dès lors qu’elle est réussie, la croissance par acquisition offre à votre entreprise de nombreux avantages lui permettant d’atteindre rapidement ses objectifs stratégiques.

Autrement dit, en tant qu’entrepreneur vous éviterez la phase de démarrage, avec ses aléas et ses charges parfois accablantes, et vous vous concentrerez donc sur les axes d’amélioration de votre offre. Vous aurez dans ce cas une société qui compte déjà des clients, des fournisseurs, des processus et des revenus sur lesquels vous pourrez vous appuyer pour créer de la valeur ajoutée. En pratique, vous deviendrez le nouveau commandant de bord et vous ferez en sorte que votre activité converge avec vos valeurs et aspirations entrepreneuriales.

Toutefois, il faut savoir que certains détails peuvent freiner vos ardeurs et détourner votre décision d’adopter cette stratégie de croissance. En effet, gardez en tête que la démarche d’acquisition d’une entreprise épuisera réellement vos ressources car elle nécessite un investissement massif ! Par conséquent, vous serez obligé de consulter d’autres sources de financements et d’augmenter votre endettement, chose qui altérera vos prévisions financières et stratégiques. Et si les perspectives de croissance sont attrayantes, les difficultés, en cas d’échec, peuvent menacer la survie même de votre entreprise. Vous devez donc retenir ça !

Optez plutôt pour l’alliance, elle peut veut offrir le bon compromis

Si les obstacles liés à l’acquisition finissent par dissoudre votre envie de vous engager dans une telle démarche, vous avez la possibilité de vous allier avec une ou plusieurs entreprises dans le but de développer un projet commun.

L’alliance peut avoir plusieurs formes et objectifs qui varient en fonction des ressources et des attentes des parties concernées

  • Une alliance de co-intégration : associe des entreprises, généralement concurrentes, et les incite à partager leurs ressources respectives en vue de réaliser une activité particulière et d’assurer la création des économies d’échelle. La commercialisation des produits obtenus reste cependant, propre à chaque entreprise et cette forme d’alliance est soutenue par les caves coopératives de vinification ou les Groupements d’intérêt économique (GIE), et notamment dans le secteur du BTP.
  • Une alliance additive ou alliance de pseudo intégration : permet à des entreprises concurrentes de s’associer pour atteindre une taille critique nécessaire à la mise en place d’un produit ou d’une offre qu’elles fabriquent ou vendent en commun. Elles additionnent ainsi des ressources et des actifs semblables pour recouvrir toutes les activités nécessaires pour la mise en marché des produits/servies. Par exemple, dans le secteur du nautisme, un fabriquant de mâts peut s’associer avec une voilerie et un concepteur de coques pour créer une nouvelle gamme de bateaux.
  • Une alliance complémentaire : cette forme d’alliance peut vous aider à rationaliser votre organisation puisqu’elle intègre des entreprises qui s’allient en vue d’une mise en commun de compétences et de savoir-faire de nature différente. Les contributions des entreprises sont complémentaires : l’une s’intéressera à la production, l’autre se chargera de la commercialisation des produits. Par exemple dans le but de gagner en puissance dans leur gestion des approvisionnements, deux fabricants de matériaux innovants dans le domaine de l’isolation thermique et acoustique, se sont alliées. L’un est positionné sur le marché des grandes surfaces et l’autre sur celui des artisans.

Des mariages bénéfiques qui vous apporteront de nombreux avantages

Vous pouvez être sûr d’une chose, quel que soit le type d’alliance que vous choisirez, elle renforcera votre capacité compétitive et vous garantira un avantage concurrentiel face aux plus grandes organisations. En effet, vous pourrez enrichir vos capacités matérielles, immatérielles et concurrentielles et augmenter votre chiffre d’affaire grâce aux effets de synergie créés.

Plus encore, les alliances vous permettront de préserver la flexibilité de votre entreprise, de limiter les coûts fixes de production et d’investissement et de garantir même la réussite de votre implantation à l’étranger. Un autre atout très important réside dans l’amélioration de votre capacité d’innovation puisque vous bénéficierez du savoir-faire technologique et des compétences variées de vos partenaires. Cette stratégie de croissance préservera également la flexibilité de votre entreprise, puisqu’elle jouira d’une indépendance juridique, et limitera les risques de son échec en raison de son caractère réversible.

Découvrez les facteurs clés d’une union réussie

Retenez ceci : pour que l’alliance soit réussie et pour que vous puissiez jouir du plein potentiel de ses avantages, tous ses acteurs devront jouer à jeu équitable. Il est très important d’être en accord avec ses alliés, de partager les mêmes objectifs, valeurs et aspirations entrepreneuriales. Il serait même judicieux de regrouper et de formaliser ces intérêts communs dans une lettre d’intention et/ou dans une lettre de confidentialité pour garder les choses au clair, et instituer une rigueur dans votre démarche coopérative.

Pour sécuriser votre approche et éviter les risques de conflits éventuels, veillez à bien clarifier votre cahier des charges. Tout doit être précisé avec le plus grand soin : les règles de fonctionnement de l’alliance, ses conditions de mises en œuvre, le périmètre d’activité concerné, la zone géographique sélectionnée, les objectifs visés et surtout, le partage du pouvoir au sein du nouveau groupe.

Finalement, pour garantir les retombées positives et les avantages stratégiques et organisationnels de l’alliance, soyez prévoyant et anticipez une réflexion approfondie avant de mettre en œuvre cette stratégie coopérative de croissance. Une fois que vous réalisez le développement attendu et que vous réussissez à créer de la valeur grâce à votre alliance, vous pourrez passer en toute sécurité à la fusion des entités concernées. En effet, il serait judicieux de consolider vos acquis en vue de garantir la pérennité de votre nouvelle unité qui aura une structure juridique plus stable et une gouvernance plus efficace. Ce fut le cas pour le consortium EADS qui s’est progressivement transformé en un groupe intégré sous le nom d’Airbus.  Et si ces deux approches de croissance ne vous conviennent pas, vous avez une autre démarche qui vous aidera à soutenir votre croissance externe qui est la fusion. Que ce soit pour améliorer vos parts de marchés en absorbant un concurrent ou pour acquérir des savoir-faire complémentaires à l’activité de l’entreprise cette stratégie pourra vous convenir et soutiendra vos objectifs.  A vous de choisir la meilleure option !