Band Of Brothers — Une stratégie transnationale.

Band Of Brothers existe depuis plusieurs années. Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, c’est quoi ?

Band Of Brothers c’est un accélérateur privé. Pas un club, pas un réseau de networking, pas une école. Un environnement exigeant construit autour de deux axes qui se renforcent mutuellement. D’un côté le Startup Program — nous accompagnons des startups à fort potentiel dans leur accélération, leur structuration, leur financement. De l’autre le Membership — une infrastructure humaine. Des leaders issus des grands groupes, des experts opérationnels, des investisseurs, mais aussi des fondateurs aguerris qui ont déjà construit, déjà échoué, déjà recommencé. Des gens qui savent ce que c’est que de prendre une décision seul à 2h du matin.

Ce mélange est rare et c’est lui qui crée la vraie valeur. Parce qu’un fondateur qui arrive avec un problème ne se retrouve pas face à de la théorie — il se retrouve face à des gens qui l’ont vécu, sous des angles différents, à des échelles différentes. Ce qui rend le modèle puissant c’est que les deux axes ne sont pas séparés. Les leaders du Membership accompagnent les startups. Les startups créent des opportunités pour les membres. C’est un écosystème vivant, pas une somme de services.

Vous parlez d’effet miroir. Développez.

Une startup dans le Startup Program ne travaille pas avec des consultants externes. Elle travaille avec des membres du board opérationnel — quatre à cinq personnes issues du Membership, engagées, qui peuvent monter au capital. Ce ne sont pas des conseillers. Ce sont des co-constructeurs qui ont autant d’intérêt que les founders à ce que ça réussisse. Et dans l’autre sens, un membre du Membership n’est pas juste dans une communauté de pairs — il est exposé à des projets réels, à des décisions stratégiques concrètes, à des opportunités d’investissement directes.

Ce qui rend cette infrastructure humaine unique c’est qu’elle est activable. Ce n’est pas un annuaire. Quand une startup a un problème de structuration commerciale, elle ne cherche pas — elle a autour d’elle au sein du board opérationnel quelqu’un qui l’a résolu à grande échelle. Quand un leader doit prendre une décision stratégique, il ne consulte pas un cabinet — il se confronte à des pairs qui ont la même exigence et l’expérience pour le challenger vraiment.

On sent que le Membership a une vie au-delà de l’accompagnement des startups. C’est voulu ?

Complètement. Et c’est ce qui est génial dans ce modèle. Le Membership c’est aussi des personnalités qui se réunissent pour générer des opportunités communes, trouver des partenaires, grandir ensemble. L’écosystème accompagne des startups — c’est structurant, c’est concret, c’est notre mission.

Mais il a aussi sa propre existence, son propre rythme. Des soirées, des masterclasses, des moments informels où les vraies décisions se prennent. Un investisseur qui rencontre un founder lors d’une soirée et qui décide de le suivre six mois plus tard. Deux leaders qui lancent un projet commun parce qu’ils se sont croisés au bon moment dans le bon environnement. Ce n’est pas orchestré — c’est organique. Et c’est ça qu’on ne peut pas reproduire ailleurs.

Pourquoi appeler ça un accélérateur et pas un fonds ou un incubateur ?

Parce que nous ne finançons pas passivement et nous n’hébergeons pas. Nous accélérons. La nuance est importante. Un fonds met de l’argent et attend. Quant aux incubateurs publics — ils ont eu vingt ans pour démontrer leur efficacité. Le bilan est là. Ce sont des espaces protégés par la collectivité qui attirent majoritairement des projets sans ambition réelle, accompagnés par des gens qui n’ont jamais construit quoi que ce soit. Ce n’est pas un jugement — c’est un constat.

Band Of Brothers c’est l’exact opposé : un environnement privé, exigeant, où personne ne vous protège de la réalité. Nous créons les conditions humaines, stratégiques et financières pour que les projets aillent plus vite et plus loin que ce qu’ils auraient fait seuls. C’est une posture active, engagée, sans filet.

Et aujourd’hui vous décidez d’ouvrir des accélérateurs dans six villes. Pourquoi ?

Parce que ce modèle n’a pas de raison d’être limité à une géographie. Les startups que nous accompagnons ont des ambitions qui dépassent largement les frontières. Les leaders que nous recrutons dans le Membership ont des projets en Europe, en Amérique du Nord. Si Band Of Brothers veut réellement accélérer les projets ambitieux, nous devons être là où ces projets se déploient. Lausanne, Luxembourg, Bruxelles, Montréal, Boston, Paris. Ce n’est pas une carte de visite — c’est une infrastructure d’accélération.

Concrètement qu’est-ce que ça change pour un membre ou une startup accompagnée ?

Tout. Quand vous intégrez Band Of Brothers vous n’intégrez pas une ville. Vous intégrez Band Of Brothers — avec tout ce que ça représente à l’échelle transnationale. Une startup accompagnée à Lausanne a accès aux membres investisseurs de Paris. Un leader membre à Bruxelles peut connecter son projet avec l’écosystème de Boston. L’accélération ne s’arrête pas à la frontière. C’est ça la vraie différence.

Comment garantissez-vous la qualité de l’accompagnement à cette échelle ?

Avec les City Leaders. Ce sont des profils que nous sélectionnons avec une exigence absolue. Ils ne gèrent pas une antenne — ils incarnent Band Of Brothers dans leur ville. Ils créent localement le même niveau d’infrastructure humaine, le même Startup Program, le même Membership. La structure est commune, l’ancrage est local. C’est ce qui permet de scaler sans diluer.

Vous n’avez pas peur de grandir trop vite ?

J’ai davantage peur de grandir trop lentement. Les fenêtres d’opportunité se ferment. Les City Leaders que nous voulons ont d’autres options. Les entrepreneurs que nous voulons attirer regardent déjà ailleurs. La vraie menace pour Band Of Brothers n’est pas la croissance — c’est la lenteur. Cela dit nous n’ouvrons pas une ville sans que les conditions humaines soient parfaitement réunies. Rapidité et rigueur ne sont pas incompatibles.

Un mot pour un founder qui hésite à rejoindre le Startup Program ?

La vraie question n’est pas “est-ce que Band Of Brothers peut m’aider”. La vraie question c’est “est-ce que je suis prêt à être challengé, accéléré, entouré de gens qui ont autant d’intérêt que moi à ce que ça réussisse ?” Si la réponse est oui — on se parle.

Et pour un leader qui regarde le Membership de loin ?

Les meilleurs environnements changent les trajectoires. Pas les formations, pas les livres — les environnements. Si vous êtes dans la même salle que les mêmes personnes depuis trop longtemps, vos décisions le reflètent. Band Of Brothers c’est une infrastructure humaine rare.

Un dernier mot ?

Band Of Brothers est une œuvre collective. J’en suis le fondateur — mais je n’ai pas vocation à être l’homme clé pendant vingt ans. Ce qui me passionne c’est de voir des personnalités émerger au sein de l’écosystème, prendre des responsabilités, porter le projet au-delà de ce que je pourrais faire seul. Devenir un élément de la chaîne plutôt que son centre — c’est ça le vrai secret d’une structure qui dure et qui s’amplifie.

L’écosystème a sa propre identité. Elle est plus grande que moi. Et c’est exactement ce que je voulais construire. Mon objectif ce n’est pas six villes — c’est une trentaine dans les quinze prochaines années. Band Of Brothers doit devenir une entité mondiale au service des fondateurs et des leaders. Nous en sommes au début.