Band Of Brothers Bêta + : Qu’est-ce que vous devez tuer pour passer le prochain cap ?
Nous cherchons constamment ce qu’il faudrait ajouter à nos entreprises pour les faire grandir. Et si, à certains moments, la croissance exigeait exactement l’inverse ?
C’est la question que nous avons choisi de mettre au centre du prochain Bêta+ de Band Of Brothers. Mais avant de la confronter ensemble, encore faut-il comprendre pourquoi elle mérite d’être posée.
Quand une entreprise ralentit ou n’arrive plus à passer un cap, notre réaction est presque toujours la même.
Ajouter.
Plus de commerciaux.
Plus de marketing.
Plus de fonctionnalités.
Plus de collaborateurs.
Plus d’argent.
Un nouveau marché.
Une nouvelle offre.
C’est assez logique.
Nous sommes entrepreneurs. Nous sommes des bâtisseurs. Notre métier consiste précisément à créer quelque chose qui n’existait pas.
Nous sommes culturellement programmés pour ajouter. Beaucoup moins pour enlever.
Et pourtant, je suis de plus en plus convaincu qu’à certains moments de la vie d’une entreprise, la bonne question n’est plus :
« Qu’est-ce qu’il nous manque pour grandir ? »
Mais :
« Qu’est-ce qui nous empêche de grandir ? »
La différence paraît minime.
Elle est immense.
Une entreprise accumule
Une startup ne naît pas avec une organisation parfaite, un produit parfaitement défini et une stratégie écrite pour les dix prochaines années.
Heureusement.
Elle se construit dans le mouvement.
On teste. On se trompe. On recommence. On prend des raccourcis. On accepte certaines opportunités. On fait parfois des choses qui n’étaient absolument pas prévues.
C’est aussi comme cela que l’on passe de 0 à 1.
Et passer de 0 à 1 est terriblement difficile.
Entre la théorie et la réalité, il y a l’exécution. Et c’est souvent elle qui fait toute la différence. Passer de 0 à 1, sortir une boîte de terre, relève aussi de quelque chose de plus instinctif, de presque animal.
Il faut avancer, vendre, convaincre, tester, encaisser, recommencer.
Mais cette construction laisse nécessairement des traces.
Des décisions prises dans l’urgence. Des habitudes. Des croyances. Des opportunités saisies à un instant T.
Certaines sont toujours pertinentes.
D’autres beaucoup moins.
Et pourtant, elles restent.
Puis arrive le mur
Je vois régulièrement des founders dans cette situation.
L’entreprise ne va pas mal.
Elle a des clients. Une équipe. Du chiffre d’affaires. Elle a parfois même levé plusieurs millions.
Mais elle ne passe plus le cap suivant.
Chaque point de croissance semble demander davantage d’énergie.
Alors on travaille plus.
On recrute. On restructure. On lance quelque chose de nouveau. On cherche de l’argent.
Et parfois, malgré tout cela, rien ne change réellement.
Peut-être parce que le problème n’est pas ce qu’il manque à l’entreprise.
Peut-être que quelque chose, à l’intérieur même de ce qui existe déjà, est devenu le frein.
Et c’est là que le sujet devient beaucoup plus inconfortable.
Parce que ce qui vous freine aujourd’hui n’est pas nécessairement quelque chose qui ne fonctionne pas.
Cela peut être quelque chose qui fonctionne encore très bien.
L’effet Tiger Woods
C’est pour cela que j’aime beaucoup l’histoire de Tiger Woods.
Alors qu’il était déjà au sommet du golf mondial, il a accepté de retravailler profondément son swing.
C’est totalement contre-intuitif.
Pourquoi déconstruire ce qui vous a précisément permis de devenir numéro un ?
Parce que la mécanique qui vous permet d’atteindre un niveau n’est pas nécessairement celle qui vous permettra d’atteindre le suivant.
Je trouve le parallèle avec l’entrepreneuriat fascinant.
Ce qui vous a permis de passer de 0 à 1 ne vous permettra pas nécessairement de passer de 1 à 10.
Et ce qui fonctionne de 1 à 10 peut devenir votre principal obstacle pour aller de 10 à 100.
Les règles changent pendant la partie.
Le problème, c’est que nous continuons parfois à jouer avec les anciennes.
Grandir, c’est aussi renoncer
Nous associons spontanément la croissance à l’accumulation.
Mais grandir exige aussi de choisir, renoncer, déconstruire et parfois tuer.
Et c’est beaucoup plus difficile.
Parce qu’ajouter est enthousiasmant.
Enlever oblige à reconnaître qu’une chose qui fonctionnait hier n’est peut-être plus pertinente aujourd’hui.
Une organisation peut avoir été parfaite à 10 personnes et devenir catastrophique à 50.
Une stratégie peut vous avoir permis de construire votre premier million et vous empêcher d’atteindre les dix suivants.
Et parfois, ce n’est même pas l’entreprise qui doit changer.
C’est le founder.
Alors, qu’est-ce que vous devez tuer ?
Je pourrais commencer à dresser une liste.
Je ne le ferai pas.
Parce que si la réponse était évidente, vous auriez probablement déjà pris la décision.
Le problème est justement que ce qui vous empêche de passer le prochain cap fonctionne peut-être encore très bien aujourd’hui.
Un produit.
Un marché.
Une manière de vendre.
Une organisation.
Une conviction.
Une habitude.
Ou peut-être vous.
C’est autour de cette question que nous nous retrouverons lors du prochain Bêta+ :
QU’EST-CE QUE VOUS DEVEZ TUER POUR PASSER LE PROCHAIN CAP ?
Il n’y aura pas de recette miracle.
Mais il existe des mécaniques, des trajectoires, des temporalités et des expériences qui peuvent nous permettre de prendre de meilleures décisions.
Nous allons les confronter, les challenger et probablement remettre en question quelques certitudes.
📅 Rendez-vous le 29 septembre à 12h30 — en visio.
D’ici là, je vous propose simplement d’arriver avec une question en tête :
Si vous deviez tuer une seule chose dans votre entreprise demain matin pour augmenter vos chances de réussir demain, laquelle choisiriez-vous ?
Ne répondez pas trop vite.
C’est justement là que ça devient intéressant.


